A journalist woman who knew how to capture the aura of my creation

Audrey Armand travels back in time
Françoise Kunze

L’Union - February 2011

Reim’s artist, photographer and video-artist Audrey Armand publishes a new artist’s book.  Miracle-Oracle recounts a moment of pure emotion she experienced while searching for her childhood memories in ex-Yugoslavia. But not where she expected it.

Audrey Armand, photographer, fine-artist and video-artist, is one of those artists who captures your attention by surprise and then holds on to you by the emotions. One remembers her installation in the chapel of the former Jesuit College in Reims, headquarters of the Champagne-Ardenne Frac, who have supported this young and atypical local artist from the beginning. An exhibition that provoked a great number of reactions. Emotions of course, and even tears in front of the two small white children’s beds, those of her youth, planted in a pile of chalk scattered with red roses. In the background, the voice of her Polish grandmother  singing a lullaby from her country: haunting, like those childhood memories that serve either as a springboard or an obstacle for the rest of your life. The thin frail voice of her grandmother chanting « Dobra Noc, Moja Kochana », « Good night, my love ». It is these memories that Audrey brings back to life over and over again, ghosts of the past, clouds that pass, that gather over our lives, float and come apart constantly, diffract the light, let the sun through, to in the end open up onto the sky, warmth and hope. We rediscover these clouds with Audrey who continues her search for her past with the publication of a new artist’s book: « Miracle-Oracle ».

THE APPARITIONS OF MEDJUGORJE
This time, she wanted to go even further in her exploration of the process of psychological construction which makes us what we are. From these layers of images, sounds, and words superposed in memory, from time to time one escapes unexpectedly, giving you an irrepressible desire to relive an emotion of the past in order to be able to move forward.
«  When I was a child, we would go with my parents to a small Yugoslavian village today in Bosnia. In Medjugorje, it is said that the Virgin appeared and we went there several times, mingling with the pilgrims in the very special atmosphere of festivity and devotion. I took the plane for Dubrovnik hoping to bring back a series of photos and relive the emotions I had experienced when I was a little girl. I thought I would find myself in this same context to photograph the Medjugorje sun. I was supposed to go for three weeks, I stayed only three days, submerged by solitude and fear, incapable of taking the slightest photo. All I did was the trip there and back by coach to find myself on the port of Dubrovnik with my return ticket to France in my pocket. There, the sky covered over and then opened up and I took out my camera. Suddenly, I had what I wanted and I made this book. » « Look at the sun, it turns upon itself…My childhood was bathed in the supernatural. Like the flowers of paradise that I was told came from the sky and that I intend to use in a future work. » These black clouds that opened up onto the sun of her childhood are for the artist the miracle of an unexpected oracle that took place where she happened to be. Almost an animated book if you rifle through it, like the wind of destiny that pushes the clouds along and in the end breaks them apart.

 

Audrey Armand remonte le temps

Françoise Kunze

L’Union – Février 2011

L’artiste plasticienne, photographe et vidéaste rémoise Audrey Armand publie un nouveau livre d’art. Miracle-Oracle raconte un moment de pure émotion à la recherche de ses souvenirs d’enfance en ex-Yougoslavie. Mais pas où elle l’attendait.

Audrey Armand, photographe, plasticienne, vidéaste, est de ces artistes qui vous captivent par surprise et vous retiennent par les émotions. On se souvient de son installation dans la chapelle de l’ancien Collège des Jésuites à Reims, siège du Frac de Champagne-Ardenne qui a toujours misé sur cette jeune artiste rémoise atypique. Une exposition qui avait suscité de très nombreuses réactions. De l’émotion bien sûr, et jusqu’aux larmes devant ces deux petits lits blancs d’enfants, ceux de sa jeunesse, plantés dans un tas de craie semé de roses rouges. En toile de fond sonore, la voix de sa grand-mère polonaise qui chante une comptine de son pays ; obsédante, comme les souvenirs d’enfance qui font office de tremplin ou d’obstacles toute une vie. La petite voix grêle de sa grand- mère qui égrène « Dobra Noc, Moja Kochana », « Bonne nuit, mon amour ». Ce sont ces souvenirs qu’Audrey fait revivre toujours et encore, fantômes du passé, nuages qui passent, se rassemblent sur notre vie, planent et se disloquent en permanence, diffractent la lumière, laissent passer le soleil et finissent par s’ouvrir sur le ciel, la chaleur et l’espoir. Ces nuages, on les retrouve avec Audrey qui poursuit son travail à la recherche de son passé et qui publie un nouveau livre d’art : « Miracle- Oracle ».

LES APPARITIONS DE MEDJUGORJE

Cette fois, elle a voulu aller encore plus loin dans le processus de construction mentale qui fait de nous ce que nous sommes. De ces piles d’images, de sons et de mots superposés dans la mémoire, l’un ou l’autre s’échappe parfois sans crier gare, et vous donne l’envie irrépressible de retrouver l’émotion du passé qui vous permet d’avancer.
« Quand j’étais enfant, nous allions avec mes parents dans un petit village yougoslave aujourd’hui en Bosnie. A Medjugorje, on dit que le Vierge était apparue et nous y sommes allés plusieurs fois en nous mêlant aux pèlerins dans une ambiance très spéciale de fête et de dévotion. J’ai pris l’avion pour Dubrovnik en espérant rapporter une série de photos et retrouver les émotions vécues quand j’étais toute petite. Je pensais me retrouver dans le même contexte pour photographier le soleil de Medjugorje. Je devais partir trois semaines, je suis restée trois jours, submergée par la solitude et la peur, incapable de faire la moindre photo. Je n’ai fait que l’aller et le retour en car pour me retrouver sur le port de Dubrovnik avec mon billet de retour en France en poche. Là, le ciel s’est couvert puis ouvert et j’ai pris mon appareil photo. D’un coup, je tenais ce que je voulais et j’ai fait ce livre. » « Regarde le soleil, il tourne sur lui-même... Mon enfance a été baignée de surnaturel. Comme ces fleurs de paradis dont on me disait qu’elles tombaient du ciel et dont je compte bien faire une prochaine
œuvre. » Ces nuages noirs qui s’ouvrent sur le soleil de son enfance, constituent pour l’artiste le miracle d’un oracle inattendu là où elle finit par se retrouver. Un livre animé si on le feuillette comme le vent du destin qui pousse les nuages et finit pas les désagréger.

SUCH FAMILIAR GHOSTS


Françoise KUNZE

L’Union – May 2009

 



Poetic, undefinable, the work of Audrey Armand, young artist from Reims, is not as evanescent as the ghosts of the past that she willingly shares with us in a natural relationship with the beyond. It is haunting. 

REIMS. On two twin screens, Audrey Armand projects a 16mm film. We see her lying on a bed of hortensias while a voice-off of her now-deceased grandmother recounts a dream she had. That of her husband who comes to caress her gently during her sleep. We also hear the shrill cry of a lovebird and smell fleeting wafts of a violet scent. The Reims artist, after presenting her installation « Bonne nuit mon amour » (Good night, my love) with two small white beds scattered with roses and the voice of her Polish grandmother telling her a story in her native tongue, here revisits the same theme of memories, of childhood, of her parents’ home, of the passing from life to death that she sees as a thing of beauty, mysterious and poetic. « I use tracing-paper, it’s a medium of predilection to show the different layers of memory, superposing images, it’s light, evanescent and shows things without yet revealing everything », explains Audrey who is work on her next piece: « The night-time appearance of a silhouette… »

She also proposes a new numbered artist’s book published by Filigranes entitled « Ma maison voisine » (My neighboring house). There again, childhood memories in this very ordinary area of Reims, which here become completely metaphoric. An intriguing work that inevitably leaves its mark. Represented by the KunstBüroBerlin gallery (in Germany), she is currently exhibiting in Brussels at the Orcca Artothèque. 


DES FANTÔMES SI FAMILIERS

Françoise KUNZE

L’Union – Mai 2009

Poétique, inclassable, le travail d’Audrey Armand, jeune plasticienne rémoise, n’est pas aussi évanescent que ses fantômes du passé qu’elle partage volontiers dans un rapport naturel avec l’au-delà. Il obsède.

REIMS. Sur deux écrans jumeaux, Audrey Armand projette un film 16 mm. On la voit elle, couchée sur un lit d’hortensias tandis que la voix off de sa grand-mère aujourd’hui décédée raconte un rêve. Son mari mort qui vient lui faire une petite caresse dans son sommeil. On entend aussi le cri lancinant d’une tourterelle et on respire les effluves très fugaces d’un parfum de violette. L’artiste rémoise après avoir présenté une installation « Bonne nuit mon amour » avec deux petits lits blancs semés de roses et la voix de son autre grand-mère polonaise qui lui conte une histoire dans sa langue, récidive sur le même thème du souvenir, de l’enfance, de la maison de ses parents, du passage de la vie à trépas qu’elle voit toujours beau, mystérieux et poétique. « J’utilise le calque, c’est un médium de prédilection pour montrer les différentes strates du souvenir, superposer des images c’est léger, évanescent et ça montre sans tout dévoiler », explique Audrey qui travaille sur une prochaine œuvre : « Une apparition la nuit d’une silhouette... »

Elle propose aussi un livre d’artiste numéroté chez Filigranes intitulé « Ma maison voisine ». Là encore, les souvenirs d’enfance dans ce quartier rémois si banal et qui devient totalement métaphorique. Un travail intrigant qui laisse forcément une empreinte. Représentée par la galerie KunstBüroBerlin (en Allemagne), elle expose actuellement à Bruxelles avec l’Artothèque de l’Orcca.